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Seijun Suzuki : rebelle pop du cinéma japonais et l’un des plus grands cinéastes japonais des sixties, maître du cinéma de genre
Cinéaste aussi virtuose qu’iconoclaste, Seijun Suzuki (1923-2017) aura marqué l’histoire du septième art par une approche unique du cinéma de genre, où audace esthétique et liberté formelle s’épanouissent en de fascinantes compositions visuelles et narratives. En plein cœur des sixties, Seijun Suzuki transforme chaque série B que lui confie le célèbre studio Nikkatsu en une œuvre plastique vertigineuse, colorée et théâtrale, qui n’hésite pas à tendre vers le surréalisme. Chargé d’ironie, l’humour à froid du cinéaste désamorce la gravité des intrigues criminelles classiques, pour mieux laisser le champ libre à une mise en scène dont l’inventivité évoque tour à tour Akira Kurosawa, Sergio Leone, Orson Welles ou JeanLuc Godard. Transcendant ses décors minimalistes en de vivants tableaux, jouant sur l’expressionnisme des lumières et des mouvements de caméra, Seijun Suzuki parvient à mêler kabuki et roman noir, yakuzas et pop art avec une aisance époustouflante. Plébiscitée comme une influence essentielle par des cinéastes aussi divers que Jim Jarmusch, Quentin Tarantino, Wong Kar-wai ou Damien Chazelle, l’œuvre de Seijun Suzuki mérite enfin d’être reconnue comme une référence majeure du cinéma d’auteur japonais et mondial.
Cette rétrospective propose la (re)découverte de ses films cultes Le Vagabond de Tokyo et La Marque du tueur dans de splendides restaurations 4K, ainsi que la remise en avant de longs-métrages tournés au sein des studios Nikkatsu.